Emmanuel Vigier

 documentariste, vidéaste


Accueil   collaborations > Being prey Année : 2022

Création précédente : Terres communes : une traversée documentaire

 

spectacle vivant

Being prey

Février 1985
Val Plumwood, philosophe écoféministe australienne, échappe à une mort certaine. Alors qu’elle est attaquée par un crocodile dans le parc National du Kakadu en terre d’Arnhem, l’ordre établi entre humain et nature se renverse pour elle en une fraction de seconde : comment peut-on, en tant qu’être humain, imaginer n’être plus que de la viande ? Dix ans plus tard, elle décrit dans Being Prey, récit d’humilité et de prudence, l’effondrement du mythe de la domination de la nature par l’espèce humaine qu’elle a éprouvé dans sa propre chair lors de l’attaque du saurien.

Avril 2021
Le désir devient impérieux, dans cette période insaisissable, pour nous, couple de cinéastes, de créer de nouvelles images, d’inventer de nouveaux récits, de partager de nouveaux imaginaires. Ainsi nait Nimrod, être asexué, hybride, qui part à travers forêts, plaines et rivières, en quête d’un destin commun avec les pierres, les végétaux et les animaux. Nous filmons son voyage comme une invitation à s’ouvrir à un monde plus qu’humain, à l’écoute du rythme propre de la nature.

Au même moment, nous découvrons Being Prey et la pensée de Plumwood. L’appel de la philosophe à considérer les êtres vivants sur un même pied d’égalité, sa volonté de tisser des liens de continuité entre les mondes matériels et les mondes humains fait écho à notre recherche vidéographique. Dans les allers-retours entre Being Prey et le voyage de Nimrod, naît l’idée d’un spectacle vivant avec Mar Sodupe, comédienne, dans lequel texte et images se répondent pour questionner la place dominante de l’espèce humaine sur la planète.

Aujourd’hui
Au cours de trois résidences de recherche à Far West, chez Françoise Lebeau, Montévidéo à Marseille, puis à la Scène nationale de Châteauvallon, Being Prey s’incarne dans la voix et le corps de Mar Sodupe.
La comédienne est habitée par la langue de la philosophe, donne à voir ce que les mots font au corps, établit un dialogue entre les images et le texte.
En convoquant la mémoire de son corps meurtri, Plumwood fait de la littérature une expérience physique.


Jeu Mar Sodupe
Mise en scène Mario Fanfani
Collaboration artistique Emmanuel Vigier
Conception Vidéo Mario Fanfani & Emmanuel Vigier
Scénographie Juliette Morel
Création sonore Gery Petit
Création lumière Nicolas Marie


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